Lundi 20 juillet 2009 1 20 07 2009 23:33
Quarante ans déjà que l'homme a marché sur la lune.

Beaucoup de choses ont été dites ces derniers jours, le buzz médiatique a bien fonctionné. Ce que j'ai retenu de l'exploit technique et humain ce sont quelques images. Pendant des dizaines d'années le numèro spécial de Paris-Match relatant l'évènement a été conservé chez mes parents. Et si je ne sais où il se trouve aujourd'hui, je ne désespère pas d'y remettre la main dessus.

Avec l'empreinte de pas, l'image la plus célèbre reste sans doute celle de Buzz ALDRIN photographié par le commandant de bord Neil ARMSTRONG à côté du pied du module lunaire "Eagle" au cours de la mission Apollo 11.



La question se pose aujourd'hui de savoir à quoi ressemblera la prochaine mission humaine en direction de la Lune.

La technologie a fait des bonds gigantesques au cours des quarantes dernières années. La puissance de calcul des ordinateurs est bien plus considérable et les microcomputers sont bien plus légers. Quant aux caméras, la question de leur poids ne se poserait plus.

Autre question, quelle agence spatiale aura les moyens adéquats pour réaliser cette opération?
Car, il est difficile d'en douter - sauf catastrophe universelle - l'homme retournera sur la Lune.

Par Alain ANSELMET - Publié dans : Passé et avenir de l'homme
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Dimanche 31 mai 2009 7 31 05 2009 23:45

Le cerveau est l’organe le plus complexe du corps humain. Cette complexité est, en quelque sorte, le reflet de notre capacité spécifique de penser, d’agir, de mémoriser, de ressentir et d’expérimenter le monde qui nous entoure.

 

Cerveau humain vue d'artiste - Crédits: Vasiliy Yakobchuk

 

 

Dans la longue chaîne de l’évolution c’est l’apparition et le développement  du néocortex qui a été l’étape déterminante. Chez l’homme, enfermé dans une boîte crânienne d’environ 1500 cm3 à l’âge adulte, le néocortex, siège de la plupart de nos fonctions mentales, a dû se plisser afin de pouvoir augmenter sa surface (1.6 m2).

Comme le soulignait un jour Alain PROCHIANTZ, lors d’une conférence, « le cerveau c’est un peu comme la Suisse avec ses montagnes. Si on pouvait la déplier ce serait un grand pays». Celui qui connaît Alain PROCHIANTZ connaît aussi son sens de l’humour.

 

Crédits: Vasiliy Yakobchuk


Le cerveau commence à se développer très tôt dès la période embryonnaire, pendant laquelle les cellules se multiplient et se différencient. Entre le 56e et le 70 e jour on peut déjà distinguer les principales zones du cerveau. Ensuite, et jusqu’à la naissance, le cortex cérébral va se former. Chez le fœtus, après le 5e mois, les circonvolutions et les sillons vont se multiplier. Et vers le 7e mois quelques 100 milliards de neurones sont présents, leur nombre n’évoluera que très peu par la suite.

La maturation du système nerveux se poursuit après la naissance. Apparition de la névroglie, apparition de la gaine de myéline qui se développe autour des fibres nerveuses ce qui permet d'accélérer la conduction de l'influx nerveux, augmentation du nombre de synapses, de dendrites et d’axones. Ce processus de maturation va se poursuivre de façon intensive jusqu’à l’âge de 2 ans, puis il ralentit et il se terminera vers l'âge de 20 ans.

Ce qui est particulièrement important pour  le développement psychoaffectif et psychomoteur, la mise en place des comportements moteurs, des fonctions mentales, du comportement social, c’est l’établissement de réseaux neuronaux -câblage nerveux-, la consolidation et la formation de nouveaux circuits favorisant les apprentissages.

Le cerveau dont le poids va continuer d’augmenter, de 400 g environ à la naissance jusqu’à 3 ou 4 fois plus chez l’adolescent, est d’une remarquable plasticité. L’expérience du monde extérieur par l’enfant va agir en retour sur la mise en place des contacts neuronaux, gérer la densité et la complexité des réseaux.

A l’échelle même d’un  seul neurone : la taille de celui-ci, son épaisseur, son nombre de contacts dans le réseau vont dépendre de la fréquence, du nombre de fois, où il est sollicité et utilisé. Chaque neurone va pouvoir créer des contacts avec des milliers ou des dizaines de milliers d’autres au travers de structures particulières, les synapses.

 

Vue artistique de contacts synaptiques dans le cerveau.

Crédits Graham Johnson


 En retour, cette organisation neuronale qui se met en place chez l’enfant va enrichir de façon considérable ses possibilités d’acquisitions et de savoir-faire. C’est en modifiant les connexions synaptiques que la mémoire, les habitudes sont créées et que la personnalité toute entière se construit. Cela s'effectue en renforçant certains circuits d’activité du cerveau, et en en faisant disparaitre d’autres.

Toutefois les neurones ne sont pas les seules cellules présentes dans le cerveau. Ils sont largement surclassés en nombre, de près d’un facteur dix,  par d’autres types cellulaires : les cellules gliales, dont les fonctions sont extrêmement variées (note : on a cru pendant longtemps que ces cellules ne servaient que de support aux neurones).

 

Les neurones communiquent dans le cerveau par l’intermédiaire d’une grande variété de molécules chimiques qui agissent comme neurotransmetteur ou neuromodulateur (glutamate, dopamine, acétylcholine, sérotonine, noradrénaline et endorphines).

Au niveau de la synapse ces molécules sont capables de délivrer un message spécifique après relargage dans la fente synaptique et recapture par une molécule réceptrice ancrée dans la membrane de la cellule voisine.

On sait depuis de nombreuses années que ces molécules ont une importance telle que leur absence entraine le développement de nombreuses maladies. Par exemple, la maladie de Parkinson est provoquée par l’absence de dopamine au niveau des ganglions de la base responsables du contrôle des mouvements. De la même manière, une déficience en sérotonine, qui est utilisée dans des régions du cerveau impliquée dans l’émotion, peut être reliée avec l'apparition de la dépression ou encore certaines maladies de l’humeur chez l'individu.


Par ailleurs, lorsque le neuromédiateur est produit normalement et arrive sur son récepteur au niveau de la cellule cible, la transduction du signal implique le recrutement d’une multitude de protéines intracellulaires. Afin de pouvoir transférer et interpréter correctement les signaux, les activités de ces protéines doivent être parfaitement synchronisées. Cette régulation est contrôlée par un système très sophistiqué, impliquant notamment un certain nombre d’enzymes comme les protéines kinases.

 

« Toute information transitant par le cerveau implique des synapses, et virtuellement toutes les anomalies de fonctionnement du cerveau affectent, de façon directe ou indirecte, le fonctionnement de la synapse» comme le déclare Thomas C. SÜDHOF (Neuroscience Institute, Stanford University) dans une revue récente parue dans NATURE en octobre 2008. Dans cette revue il est clairement établi que deux types de molécules - les neuroligines et les neurexines, qui sont des protéines d’adhésion-cellulaire qui connectent les neurones pré- et post-synaptiques au niveau de la synapse et transmettent le signal trans-synaptique – étaient actuellement le meilleur exemple pour établir un lien entre la fonction synaptique et les maladies cognitives.

En effet chez l’homme des altérations dans les gènes de neurexine ou de neuroligine sont impliquées dans l’autisme et d’autres formes de maladies cognitives.

L’autisme est un syndrome complexe caractérisé par de grandes difficultés de communication et de socialisation qui apparaissent très tôt chez l’enfant, avant l’âge de 2 ou 3 ans, au moment de la formation et de la maturation des synapses. Comme il atteint proportionnellement 4 fois plus de garçons que de filles, la participation du chromosome X a été suspectée très rapidement. Aujourd’hui, les origines génétique de l’autisme ont été confirmées et plusieurs marqueurs génétiques, localisés sur différents chromosomes, ont pu être identifiés. Parmi ces marqueurs se trouvent ceux codant pour les neuroligines et les neurexines.

Quelques mutations ou délétions dans les gènes de neurexines ou de neuroligines sont susceptibles d'engendrer les symptomes liés à l'autisme ou encore d'autres maladies neurologiques.L'expression des protéines mutantes n'empêchent pas le développement du cerveau, mais perturbent plus ou moins fortement la transmission du signal. Plus intriguant encore, la même mutation ou délétion dans la protéine ne se traduit pas forcément par la même réponse entre deux individus issus de la même fratrie. Il peut y avoir pour le frère ou la soeur absence de symptome, ou bien une expression symptomatique très atténuée.

La recherche sur le développement du cerveau et sur la transmission synaptique est actuellement en plein essor. De nombreuses techniques d'approche sont utilisées. Nous savons d'ores et déjà qu'il suffit de très peu de choses, une mutation ponctuelle ou un ensemble de mutations sur une seule protéine pour faire toute la différence entre un cerveau humain standard et un cerveau un peu moins parfait.

Au fait, n'était-ce pas la mère d'Albert Einstein qui écrivait : "J'ai bien peur que mon petit Albert ne soit autiste." ?


Par Alain ANSELMET - Publié dans : Science du Vivant
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Mercredi 15 avril 2009 3 15 04 2009 17:51
Le physicien John MADDOX qui s'est éteint le dimanche 12 avril à l'age de 83 ans a été unanimement salué dans la presse à travers le monde pour le travail qu'il a accompli en parvenant à positionner la revue NATURE dans la partie la plus haute du classement des revues scientifiques, faisant jeu égal avec son concurrent Nord-Américain, la revue SCIENCE.

Philip CAMPBELL, éditeur en chef de NATURE, exprime sa tristesse et lui rend hommage dans l'édition du 14 avril 2009 de la revue (Lien vers le texte de P. Campbell).




John Maddox - Crédits: The Royal Society



  Clive COOKSON, éditeur de la rubrique science au Financial Times, est largement plus dithyrambique en saluant John MADDOX comme le plus grand journaliste scientifique britannique.
(John Maddox, Britain’s greatest science journalist)

A la lecture du blog on y apprend que John MADDOX avait redoré le blason de la revue NATURE
notamment en instituant un Comité de Lecture particulièrement exigeant, en réduisant les délais de publication des articles et en sollicitant des contributions auprès des scientifiques les plus renommés.

Cependant, déclare Clive COOKSON, le coup d'éclat -en terme de publicité - a été la publication en juin 1988 de l'article de Jacques BENVENISTE (décédé en 2004) concernant ce que les médias, et en premier le journal LE MONDE, ont appelé la MEMOIRE DE L'EAU. Cet article avait été accepté par la revue avec des réserves formulées en introduction. La remise en question des résultats sous la forme d'une enquête très médiatisée, avec notamment la présence du magicien James RANDI, connu pour déceler les fraudes chez ses collègues, alimenta l'actualité ensuite pendant de nombreuses années.

Plus d'informations sur cette controverse médiatique peuvent être trouvées dans l'article sur la "Mémoire de l'eau" sur Wikipédia.

On peut lire dans cet article:

"
En outre, tant la revue que de nombreux scientifiques, sans discuter la validité ou l'invalidité de cette hypothèse particulière, firent valoir qu'il arrive très souvent qu'une hypothèse publiée dans une revue de haut niveau soit par la suite réfutée, qu'il s'agit même du fonctionnement normal de la science et que la publication dans une revue scientifique constitue une proposition de nouvelle théorie qui doit dans tous les cas être vérifiée ensuite par d'autres équipes de recherche."

Nous pouvons en tirer une espèce de conclusion de portée plus générale concernant l'évaluation du travail des chercheurs.

Une publication dans une revue scientifique doit "être vérifiée ensuite par d'autres équipes de recherche".

C'est ce qui rend la question de l'évaluation des travaux scientifiques si importante. Celle-ci, nécessairement, doit être le fait d'évaluateurs possédant eux-même une haute qualification dans le domaine concerné.

Une évaluation qui serait uniquement basée sur le facteur d'impact d'une revue restera toujours insuffisante.

Par Alain ANSELMET - Publié dans : Reflexion, philosophie, éthique
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Mardi 14 avril 2009 2 14 04 2009 22:58
Les galaxies apparaissent souvent sous la forme de spirale. C'est particulièrement vrai dans le cas de M101, encore appelée The Pinwheel Galaxy, joli nom imagé qui nous fait penser à ces moulins à vent qui passionnent tant les enfants.




Crédits: Adam Block, Mt. Lemmon SkyCenter, University of Arizona

 


 

  Cette galaxie située à plus de 25 millions d'années lumière s'étend sur près de 170 000 années lumière et se développe sous la forme d'une spirale logarithmique. Il y a de nombreuses régions dans cette galaxie où de nouvelles étoiles sont en formation par suite de l'interaction avec une galaxie voisine et de l'apparition de zones particulières où le gaz est particulièrement dense. Cette galaxie est si large qu'elle produit également des distorsions visibles dans les galaxies avoisinantes.

 

 

Plus d'information peuvent être trouvées sur le site de la NASA en cliquant ICI.


Par Alain ANSELMET - Publié dans : Univers
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Mercredi 8 avril 2009 3 08 04 2009 15:43
Il y a de nombreuses voies pour partager autour de la Science. L'image, la sculpture, le théâtre, la poésie, le septième art...participent à la diffusion de la culture scientifique auprès des publics.

Voici quelques mois, une des plus grandes aventures de la physique, à laquelle participent plusieurs dizaines de nations, a été présentée sous la forme d'un clip de Rap, réalisé par Kate McAlpine. Et je remercie mon ami Raphaël de me l'avoir fait découvrir.

Le texte est en anglais et la vidéo sous-titrée en anglais, mais ça ne devrait pas tellement rebuter le public français.



The Large Hadron Rap


Twenty-seven kilometers of tunnel under ground
Designed with mind to send protons around
A circle that crosses through Switzerland and France
Sixty nations contribute to scientific advance
Two beams of protons swing round, through the ring they ride
‘Til in the hearts of the detectors, they’re made to collide
And all that energy packed in such a tiny bit of room
Becomes mass, particles created from the vacuum
And then…


 


LHCb sees where the antimatter’s gone
ALICE looks at collisions of lead ions
CMS and ATLAS are two of a kind
They’re looking for whatever new particles they can find.
The LHC accelerates the protons and the lead
And the things that it discovers will rock you in the head.


We see asteroids and planets, stars galore
We know a black hole resides at each galaxy’s core
But even all that matter cannot explain
What holds all these stars together – something else remains
This dark matter interacts only through gravity
And how do you catch a particle there’s no way to see
Take it back to the conservation of energy
And the particles appear, clear as can be


You see particles flying, in jets they spray
But you notice there ain’t nothin’, goin’ the other way
You say, “My law has just been violated – it don’t make sense!
There’s gotta be another particle to make this balance.”
And it might be dark matter, and for first
Time we catch a glimpse of what must fill most of the known ‘Verse.
Because…


LHCb sees where the antimatter’s gone
ALICE looks at collisions of lead ions
CMS and ATLAS are two of a kind
They’re looking for whatever new particles they can find.


Antimatter is sort of like matter’s evil twin
Because except for charge and handedness of spin
They’re the same for a particle and its anti-self
But you can’t store an antiparticle on any shelf
Cuz when it meets its normal twin, they both annihilate
Matter turns to energy and then it dissipates


When matter is created from energy
Which is exactly what they’ll do in the LHC
You get matter and antimatter in equal parts
And they try to take that back to when the universe starts
The Big Bang – back when the matter all exploded
But the amount of antimatter was somehow eroded
Because when we look around we see that matter abounds
But antimatter’s nowhere to be found.
That’s why…


LHCb sees where the antimatter’s gone
ALICE looks at collisions of lead ions
CMS and ATLAS are two of a kind
They’re looking for whatever new particles they can find.
The LHC accelerates the protons and the lead
And the things that it discovers will rock you in the head.


The Higgs Boson – that’s the one that everybody talks about.
And it’s the one sure thing that this machine will sort out

If the Higgs exists, they ought to see it right away
And if it doesn’t, then the scientists will finally say
“There is no Higgs!  We need new physics to account for why
Things have mass.  Something in our Standard Model went awry.”


But the Higgs – I still haven’t said just what it does
They suppose that particles have mass because
There is this Higgs field that extends through all space
And some particles slow down while other particles race
Straight through like the photon – it has no mass
But something heavy like the top quark, it’s draggin’ its ***
And the Higgs is a boson that carries a force
And makes particles take orders from the field that is its source.
They’ll detect it….


LHCb sees where the antimatter’s gone
ALICE looks at collisions of lead ions
CMS and ATLAS are two of a kind
They’re looking for whatever new particles they can find.


Now some of you may think that gravity is strong
Cuz when you fall off your bicycle it don’t take long
Until you hit the earth, and you say, “Dang, that hurt!”
But if you think that force is powerful, you’re wrong.
You see, gravity – it’s weaker than Weak
And the reason why is something many scientists seek
They think about dimensions – we just live in three
But maybe there are some others that are too small to see
It’s into these dimensions that gravity extends
Which makes it seem weaker, here on our end.
And these dimensions are “rolled up” – curled so tight
That they don’t affect you in your day to day life
But if you were as tiny as a graviton
You could enter these dimensions and go wandering on
And they'd find you...


When LHCb sees where the antimatter’s gone
ALICE looks at collisions of lead ions
CMS and ATLAS are two of a kind
They’re looking for whatever new particles they can find.
The LHC accelerates the protons and the lead
And the things that it discovers will rock you in the head!

 

Crédits: AlpineKat (Kate McAlpine)

 

  Article en lien sur ce blog:

 

          - Le Grand Collisionneur

 

Lien externe:

 

           - "Le rap du LHC: traduction et commentaire" sur le blog de Tom ROUD


Par Alain ANSELMET - Publié dans : Culture
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Mardi 31 mars 2009 2 31 03 2009 23:45
Il y a tout juste 50 ans, le 14 février 1959, le Général De Gaulle après avoir visité Sud-Aviation et plusieurs Instituts de recherche, prononçait un discours à la Cité universitaire de Toulouse. Il y livrait sa vision du rôle des étudiants, des enseignants, des chercheurs et de l'Etat. En voici des extraits:

« Au moment où je suis de ma vie, bref, dans mes dernières années, j'ai le sentiment, à l'université de Toulouse, de me trouver sur une plage, au bord d'un océan, celui qui peut vous porter, vous les chercheurs, vous les professeurs, vous les étudiants, vers les rivages de la découverte, afin de gagner, à partir de là, les terres inconnues du progrès…

 

Ce n'est pas à la faculté des sciences de Toulouse, entouré comme je le suis par les maîtres et les étudiants de diverses facultés, que j'ai à démontrer pourquoi l'éveil et le développement de l'esprit, par la connaissance de ce qui est beau et par le culte de ce qui est bon, doivent s'associer à la formation scientifique de nos jours…

 

Mais une pareille construction comporte plusieurs étages. À la base, il faut qu'une large partie de la jeunesse française vienne à l'Enseignement scientifique et que les étudiants travaillent bien. Plus haut ce sont les Maîtres, dont il faut qu'ils soient en nombre suffisant et qu'ils aient les moyens voulus pour accomplir leur grande tâche. Plus haut, encore, les Chercheurs, à qui il faut l'équipement spécial nécessaire à leurs travaux et l'art de ne point cloisonner les pensées et les résultats.


Au sommet, enfin, l'État ! L'État qui a le devoir d'entretenir dans la nation un climat favorable à la Recherche et à l'Enseignement; l'État, qui, malgré le flot des besoins et le flot des dépenses, a la fonction de doter les laboratoires et de pourvoir l'enseignement. L'État, enfin, qui doit orienter l'ensemble, tout en laissant à chacun des chercheurs sa direction et son autonomie…


Mais aussi, par-delà l'université de Toulouse, je salue l'Enseignement français, les chercheurs, les maîtres, les étudiants. En même temps, je leur rends témoignage parce qu'ils servent celui qu'il faut servir, c'est-à-dire l'homme, tout simplement. »

 

« Discours prononcé par Charles de Gaulle », La Revue pour l’histoire du CNRS, N°1 - Novembre 1999,  mis en ligne le 6 décembre 2006.






Par Alain ANSELMET - Publié dans : Science et Société
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Vendredi 20 février 2009 5 20 02 2009 17:44
Wendelin WERNER, 41 ans, mathématicien français au parcours exceptionnel et prestigieux, Membre de l'Académie des Sciences et  Médaille Fields 2006, a réagi face à des insinuations à l'emporte pièce à l'encontre de la communauté des scientifiques français par une lettre ouverte publiée dans le quotidien Le Monde du 19 février 2009.

"Monsieur le Président, vous ne mesurez peut-être pas la défiance...,


Je ne pensais pas un jour me retrouver dans la situation qui est la mienne aujourd’hui, à savoir écrire une lettre ouverte au président de la République française : ce qui m’intéresse avant tout, et ce à quoi j’ai choisi de consacrer ma vie professionnelle, c’est de réfléchir à des structures mathématiques, d’en parler avec mes collègues en France et à l’étranger et d’enseigner à mes étudiants. J’ai eu le privilège de voir mes travaux aboutir et récompensés par un prix important. Cela me donne une certaine responsabilité vis-à-vis de ma communauté et me permet aussi d’être un peu plus écouté par les médias et le pouvoir politique. Comme le montre le sociologue allemand Max Weber dans son diptyque Le Savant et le Politique, auquel Barack Obama s’est d’ailleurs implicitement référé dans son discours d’investiture, nous devons partager une même éthique de la responsabilité. C’est au nom de celle-ci que je m’adresse aujourd’hui à vous.

Vous ne mesurez peut-être pas la défiance quasi unanime à votre égard qui s’installe dans notre communauté scientifique. L’unique fois où nous avons pu échanger quelques mots, vous m’avez dit qu’il était important d’arriver à se parler franchement, au-delà des divergences, car cela fait avancer les choses. Permettez-moi donc de nouveau de m’exprimer, mais de manière publique cette fois.


Je m’y sens aussi autorisé par l’extrait suivant du discours que vous aviez prononcé il y a un an lors de votre venue à Orsay pour célébrer le prix Nobel d’Albert Fert : "La tâche est complexe, et c’est pourquoi j’ai voulu m’entourer des plus grands chercheurs français, dont vous faites partie, pour voir comment on pouvait reconfigurer notre dispositif scientifique et lui rendre le pilotage le plus efficace possible. Je les consulterai régulièrement, ces grands chercheurs, et je veux entendre leurs avis." Je vous donne donc mon avis, sans crainte et en toute franchise.


Votre discours du 22 janvier a, en l’espace de quelques minutes, réduit à néant la fragile confiance qui pouvait encore exister entre le milieu scientifique et le pouvoir politique. Il existait certes, déjà, une réaction hostile d’une partie importante de notre communauté aux différents projets mis en place par votre gouvernement et leur motivation idéologique. Mais c’est uniquement de votre discours et de ses conséquences dont je veux parler ici.


Tous les collègues qui l’ont entendu, en direct ou sur Internet, qu’ils soient de droite ou de gauche, en France ou à l’étranger (voir la réaction de la revue Nature), sont unanimement catastrophés et choqués. De nombreuses personnes présentes à l’Elysée ce jour-là m’ont dit qu’elles avaient hésité à sortir ostensiblement de la salle, et les réactions indignées fleurissent depuis.


Rappelons que vous vous êtes adressé à un public comprenant de nombreux scientifiques dans le cadre solennel du palais de l’Elysée. Je passerai sur le ton familier et la syntaxe approximative qui sont de nature anecdotique et ont été suffisamment commentés par ailleurs. Lorsque l’on me demande à quoi peut servir une éducation mathématique au lycée pour quelqu’un dont le métier ne nécessitera en fait aucune connaissance scientifique, l’une de mes réponses est que la science permet de former un bon citoyen : sa pratique apprend à discerner un raisonnement juste, motivé et construit d’un semblant de raisonnement fallacieux et erroné.


La rigueur et le questionnement nécessaires, la détermination de la vérité scientifique sont utiles de manière plus large. Votre discours contient des contrevérités flagrantes, des généralisations abusives, des simplifications outrancières, des effets de rhétorique douteux, qui laissent perplexe tout scientifique. Vous parlez de l’importance de l’évaluation, mais la manière dont vous arrivez à vos conclusions est précisément le type de raisonnement hâtif et tendancieux contre lequel tout scientifique et évaluateur rigoureux se doit de lutter.


Nous sommes, croyez-moi, très nombreux à ne pas en avoir cru nos oreilles. Vous, qui êtes un homme politique habile, et vos conseillers, qui connaissent bien le monde universitaire, deviez forcément prévoir les conséquences de votre discours. Je n’arrive pas à comprendre ce qui a bien pu motiver cette brutalité et ce mépris (pour reprendre les termes de Danièle Hervieu-Léger, la présidente du comité que vous avez mis en place ce jour-là), dont l’effet immédiat a été de crisper totalement la situation et de rendre impossible tout échange serein et constructif. De nombreux étudiants ou collègues de premier plan, écoeurés, m’ont informé durant ces quinze derniers jours de leur désir nouveau de partir à l’étranger. J’avoue que cela m’a aussi, un très court instant, traversé l’esprit en écoutant votre intervention sur Internet.


Le peu de considération que vous semblez accorder aux valeurs du métier de scientifique, qui ne se réduisent pas à la caricature que vous en avez faite - compétition et appât du gain -, n’est pas fait pour inciter nos jeunes et brillants étudiants à s’engager dans cette voie. La ministre et vos conseillers nous assurent depuis plus d’un an que vous souhaitez authentiquement et sincèrement aider la recherche scientifique française. Mais vous n’y parviendrez pas en l’humiliant et en la touchant en son principe moteur : l’éthique scientifique.


Comme vous l’expliquez vous-même, la recherche scientifique doit être une priorité pour un pays comme la France. En l’état actuel des choses, il ne semble plus possible à votre gouvernement de demander à la communauté scientifique de lui faire confiance.


De nombreux collègues modérés et conciliants expriment maintenant leur crainte d’être instrumentalisés s’ils acceptent de participer à une discussion ou à une commission. Les cabinets de la ministre de la recherche et du premier ministre ont certainement conscience de l’impasse dans laquelle vous les avez conduits. J’ai essayé de réfléchir ces derniers jours à ce qui serait envisageable pour sauver ce qui peut encore l’être et sortir de l’enlisement actuel.


Un début de solution pourrait être de vous séparer des conseillers qui vous ont aidé à écrire ce discours ainsi que de ceux qui ne vous ont pas alerté sur les conséquences de telles paroles. Ils sont aussi responsables de la situation de défiance massive dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui, et que votre intervention du 22 janvier a cristallisée.


Ils ont commis, à mon sens, une faute grave et c’est votre propre dogme que toute faute mérite évaluation et sanction appropriée. Cela permettrait à notre communauté de reprendre quelque espoir et de travailler à améliorer notre système dans un climat apaisé, de manière moins idéologique et plus transparente.


Il est, pour moi, indispensable de recréer les conditions d’un véritable dialogue. L’organisation de la recherche et de l’enseignement supérieur est certes un chantier urgent mais, comme vous l’aviez noté il y a un an, il est d’une extrême complexité. Sa réforme demande de l’intelligence et de la sérénité. Il n’appartient qu’à vous de corriger le tir."



C'est une lettre franche et directe qui m'a donné envie d'en savoir un peu plus sur son auteur que j'avais rencontré deux fois auparavant, la dernière rencontre en date étant sur les marches du Panthéon en octobre 2007 à l'occasion de l'inauguration de la Fête de la Science.

De mon enquête rapide sur le personnage, j'ai retenu essentiellement une image et une interview.

L'image représente les lauréats 2006 lors de la remise du prix en Espagne autour du Roi Juan Carlos:


Wendelin WERNER est à droite sur la photo
Crédits - ambafrance-cn


De cette image je retiens le symbole de l'attention du Politique pour le Savant.

Quant à l'interview, réalisée en 2007, elle peut être retrouvée en intégralité sur le site web du quotidien Le Figaro.

J'en ai extrait quelques lignes qui me semblent définir notre Scientifique:


"    Wendelin Werner est le neuvième Français à obtenir la médaille Fields depuis sa création en 1936. Cette dernière consécration confirme la qualité de l'école mathématique française, deuxième au monde derrière les Etats-Unis pour le nombre de médaillés Fields et pour la quantité de publications dans des revues internationales. «J'ai bénéficié d'une tradition de l'enseignement des mathématiques, explique-t-il, avec des professeurs stimulants. Nombre de bons élèves choisissent cette filière d'autant que cette discipline se prête bien à un système de notation plus juste et a priori moins subjectif, et les notes sont importantes dans le système français... Puis, lorsqu'on a commencé à apprécier les jolies démonstrations, on est tenté de continuer dans la recherche.»

 

De l'avis de son entourage, la médaille Fields n'a rien bouleversé dans sa vie. Certes, cela a changé le regard de personnes de cercles plus éloignés. Les médias et les politiques le sollicitent. Et si des ponts d'or lui ont été offerts, notamment par des banques en quête d'oracle pour estimer les risques associés à des produits financiers, il n'a pas succombé aux chants de ces sirènes. Quand bien même on lui proposait de multiplier son salaire par dix. «Sur le coup, ça m'a un peu déstabilisé, raconte-t-il. Puis j'ai considéré que je n'avais pas besoin de tout cet argent. La carrière universitaire est un choix. Il y a d'autres valeurs qui nous importent, comme la liberté de choisir nos sujets de recherches. Mais je ne dis pas que les chercheurs se satisfont du salaire qui leur est alloué en France et des moyens qui leur sont donnés, souvent très insuffisants dans les disciplines expérimentales.»"

 

Relisons attentivement cette petite phrase:


"Il y a d'autres valeurs qui nous importent, comme la liberté de choisir nos sujets de recherches."


Visiblement ce ne peut pas être une déclaration polémique issue du contexte actuel, puisque elle a été faite en 2007.




Crédits photo: Antoinetav_2007





Par Alain ANSELMET - Publié dans : Science et Société
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Lundi 16 février 2009 1 16 02 2009 19:29
A la fin du mois de décembre 2008, présentant sa nouvelle équipe, le Président Elu OBAMA faisait cette déclaration à propos de la science et des scientifiques:

" En cet instant, dans les laboratoires, les salles de classe et les entreprises à travers toute l’Amérique, nos plus grands esprits travaillent avec ardeur en étant à la poursuite de la prochaine grande idée, afin d’assurer de nouvelles percées qui pourraient révolutionner nos vies. Mais l'histoire nous dit qu'ils ne peuvent pas le faire seuls. Que ce soit de l'atterrissage sur la lune, du séquençage du génome humain, jusqu’à l’invention d'Internet, l’Amérique a été la première à franchir chaque nouvelle frontière parce que nous avons eu des dirigeants qui ont pavé le chemin : des dirigeants comme le Président Kennedy, qui nous a inspiré afin que nous repoussions les frontières du monde connu  pour atteindre l'impossible ; des dirigeants qui ont investi non seulement dans nos scientifiques, mais qui ont respecté l'intégrité du processus scientifique.

 

Parce qu'à la vérité  promouvoir la science ce n’est pas seulement lui fournir des ressources – c’est aussi assurer une recherche libre et ouverte. C'est de pouvoir garantir que les faits et les preuves ne seront jamais tordus ou obscurcis par la politique ou l'idéologie. C'est d'écouter ce que nos scientifiques ont à dire, même quand c'est inopportun—surtout quand c'est inopportun. Parce que la plus haute finalité de la science c’est la recherche de la connaissance, de la vérité et d’une plus grande compréhension du monde qui nous entoure."


(Credits Depauw) 



"Right now, in labs, classrooms and companies across America, our leading minds are hard at work chasing the next big idea, on the cusp of breakthroughs that could revolutionize our lives. But history tells us that they cannot do it alone. From landing on the moon, to sequencing the human genome, to inventing the Internet, America has been the first to cross that new frontier because we had leaders who paved the way : leaders like President Kennedy, who inspired us to push the boundaries of the known world and achieve the impossible ; leaders who not only invested in our scientists, but who respected the integrity of the scientific process.

Because the truth is that promoting science isn’t just about providing resources—it’s about protecting free and open inquiry. It’s about ensuring that facts and evidence are never twisted or obscured by politics or ideology. It’s about listening to what our scientists have to say, even when it’s inconvenient—especially when it’s inconvenient. Because the highest purpose of science is the search for knowledge, truth and a greater understanding of the world around us."



Le texte de cette intervention peut être trouvé en CLIQUANT ICI



Par Alain ANSELMET - Publié dans : Science et Société
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Lundi 16 février 2009 1 16 02 2009 10:25

Lettre des directeurs de 22 laboratoires de l’IN2P3, Institut National de Physique Nucléaire et de Physique des particules du CNRS (10 février 2009)


Monsieur le Président de la République,


Nous, directeurs de 22 laboratoires de l’IN2P3, Institut National de Physique Nucléaire et de Physique des particules du CNRS, avons été profondément blessés et scandalisés par les propos que vous avez tenus lors de votre discours du 22 Janvier.


Nous pensons d’abord aux 850 chercheurs et enseignants chercheurs et 1400 ingénieurs et techniciens de cet institut qui travaillent au sein de ses 19 unités mixtes de recherche CNRS- Universités et/ou grandes écoles, ou de ses 5 unités propres ou mixtes de service du CNRS avec une compétence et un dévouement remarquables pour réaliser de grands projets scientifiques qui défient l’imagination. Quel contraste entre vos propos dégradants et le caractère exceptionnel de leurs réalisations, comme les contributions françaises au programme LHC du CERN dont toute la communauté internationale reconnaît qu’elles n’ont rien à envier à celles de nos collègues étrangers, fussent-ils britanniques. D’autres exemples ne manquent pas, comme la construction de SPIRAL2 au GANIL qui met la France au tout premier plan de la recherche mondiale en physique nucléaire, des projets spatiaux comme les équipements embarqués sur les satellites FERMI-GLAST ou PLANCK, l’observatoire sous marin ANTARES ou encore le traitement de cancers par hadron thérapie, directement issu de la technologie mise en oeuvre dans notre discipline.


Tous nos projets sont internationaux et c’est tous les jours que l’évaluation de nos mérites se fait au sein de ces grands projets où collaboration rime toujours avec compétition. Ces projets font également l’objet d’examens très sélectifs dans les grands laboratoires internationaux où ils sont installés et mis en oeuvre.


Aussi, votre affirmation que nous serions hostiles à toute forme d’évaluation est non seulement injurieuse mais totalement infondée. Nous tenons à vous rappeler que notre métier est par essence évalué en permanence : par nos communications scientifiques (publications dans des revues internationales, communications à des congrès …), par les demandes de contrats de recherche nationaux ou internationaux et ensuite par le Comité National de la Recherche Scientifique ainsi que maintenant par l’AERES dont les membres sont issus de l’ensemble de la communauté scientifique française. Est–il nécessaire de vous rappeler que l’évaluation par les pairs de façon collégiale est pratiquée dans tous les pays ayant une recherche de dimension internationale ?


Vous considérez que les récompenses prestigieuses attribuées à des chercheurs cachent une recherche pratiquée par une majorité de médiocres et de fainéants. Quel est donc ce mépris pour toute une profession ? Il faut rappeler que l’émergence de résultats exceptionnels est le fruit du travail quotidien et à long terme de l’ensemble des acteurs de la recherche : les chercheurs, enseignants-chercheurs, doctorants ou post-doctorants mais aussi tout particulièrement les ingénieurs, techniciens et administratifs qui jouent un rôle essentiel dans l’élaboration, la mise en place et l’exploitation de projets qui permettent d’y aboutir.


Il est vraiment regrettable de constater que le gouvernement engage des réformes de fond en s’appuyant sur une analyse erronée de la situation de la recherche publique française et qu’il se contente de désigner des boucs émissaires. Nos projets ont une durée de vie parfois supérieure à 25 ans, une durée très longue comparée à celle de la vie politique. Ainsi, le LHC depuis sa conception en 1984, a vu passer 3 présidents de la République, 11 premiers ministres et plus de 20 ministres de la recherche. C’est donc bien plus de continuité dans l’effort public de recherche dont la science française a besoin que de changements brusques et intempestifs.


Nous sommes profondément attachés aux missions essentielles du CNRS, faire progresser le champ des connaissances dans toutes les disciplines, valoriser et diffuser les avancées scientifiques et techniques, contribuer à la formation par la recherche. Ce rôle central du CNRS nous paraît l’indispensable complément de la montée en puissance des Universités que nous soutenons. La transformation du CNRS en simples agences de moyens n’est pas compatible avec ces missions. Les réflexions menées au sein de notre communauté ont permis de dégager les propositions de changement qui nous apparaissent nécessaires. Il est dommage pour l’avenir de la recherche en France que vous restiez indifférent à toutes ces propositions.


Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.


Les directeurs de laboratoires de l’IN2P3 :


* Alain Baldit (LPC, Clermont-Ferrand), * Pierre Binétruy (APC, Paris), * Dominique Boutigny (CC_IN2P3, Lyon), * Jean-Claude Brient (LLR, Palaiseau), * Phippe Brion (ULISSE, Annecy), * Yves Charon (IMNC, Orsay), - * Gabriel Chardin (CSNSM, Orsay), * Alain Falvard (LPTMA, Montpellier), * Raffaele Flaminio(LMA, Lyon), * Dominique Guillemaud-Mueller (IPN, Orsay), * Bernard Haas (CENBG, Bordeaux), * Renaud Huynh (Musée Curie, Paris), * Bernard Ille(IPNL, Lyon), * Eric Kajfasz( CPPM, Marseille), * Yannis Karyotakis (LAPP, Annecy), * Serge Kox (LPSC, Grenoble), * Didier Lacour (LPNHE, Paris), * Denis Linglin (MIND, Archamps), * Jacques Martino (SUBATECH, Nantes), - * Fabrice Piquemal(LSM, Modane), * Jean-Claude Steckmeyer (LPC, Caen), * Guy Wormser (LAL, Orsay)

Par Alain ANSELMET - Publié dans : Science et Société
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Jeudi 12 février 2009 4 12 02 2009 18:15
12 février 1809 naissance à Shrewsbury (Shropshire) de Charles, cinquième enfant de Robert Waring DARWIN et de Susannah WEDGWOOD.

Deux siècles plus tard, alors que l'année 2009 est célébrée internationalement comme "Année DARWIN", son ouvrage - Sur l'origine des espèces - publié en 1859 est toujours au coeur de discussions animées.


« Ce sont ceux qui connaissent peu, et non ceux qui connaissent beaucoup, qui affirment aussi catégoriquement que tel ou tel problème ne sera jamais résolu par la science. »

 

Charles DARWIN  in - La Filiation de l’Homme - 1871




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Par Alain ANSELMET - Publié dans : Science du Vivant
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