Le cerveau est l’organe le plus complexe du corps humain. Cette complexité est, en
quelque sorte, le reflet de notre capacité spécifique de penser, d’agir, de mémoriser, de ressentir et d’expérimenter le monde qui nous entoure.
Dans la longue chaîne de l’évolution c’est l’apparition et le développement du
néocortex qui a été l’étape déterminante. Chez l’homme, enfermé dans une boîte crânienne d’environ 1500 cm3 à l’âge adulte, le néocortex, siège de la plupart de nos fonctions mentales, a dû se
plisser afin de pouvoir augmenter sa surface (1.6 m2).
Comme le soulignait un jour Alain PROCHIANTZ, lors d’une conférence, « le cerveau c’est un peu comme la Suisse avec ses montagnes. Si on pouvait la déplier ce serait un grand pays». Celui qui connaît Alain PROCHIANTZ connaît aussi son sens de l’humour.
Crédits: Vasiliy Yakobchuk
Le cerveau commence à se développer très tôt dès la période embryonnaire, pendant laquelle les cellules se multiplient et se différencient. Entre le 56e et le 70 e jour on peut déjà distinguer les principales zones du cerveau. Ensuite, et jusqu’à la naissance, le cortex cérébral va se former. Chez le fœtus, après le 5e mois, les circonvolutions et les sillons vont se multiplier. Et vers le 7e mois quelques 100 milliards de neurones sont présents, leur nombre n’évoluera que très peu par la suite.
La maturation du système nerveux se poursuit après la naissance. Apparition de la névroglie, apparition de la gaine de myéline qui se développe autour des fibres nerveuses ce qui permet d'accélérer la conduction de l'influx nerveux, augmentation du nombre de synapses, de dendrites et d’axones. Ce processus de maturation va se poursuivre de façon intensive jusqu’à l’âge de 2 ans, puis il ralentit et il se terminera vers l'âge de 20 ans.
Ce qui est particulièrement important pour le développement psychoaffectif et psychomoteur, la mise en place des comportements moteurs, des fonctions mentales, du comportement social, c’est l’établissement de réseaux neuronaux -câblage nerveux-, la consolidation et la formation de nouveaux circuits favorisant les apprentissages.
Le cerveau dont le poids va continuer d’augmenter, de 400 g environ à la naissance jusqu’à 3 ou 4 fois plus chez l’adolescent, est d’une remarquable plasticité. L’expérience du monde extérieur par l’enfant va agir en retour sur la mise en place des contacts neuronaux, gérer la densité et la complexité des réseaux.
A l’échelle même d’un seul neurone : la taille de celui-ci, son épaisseur, son nombre de contacts dans le réseau vont dépendre de la fréquence, du nombre de fois, où il est sollicité et utilisé. Chaque neurone va pouvoir créer des contacts avec des milliers ou des dizaines de milliers d’autres au travers de structures particulières, les synapses.
Vue artistique de contacts synaptiques dans le cerveau.
Crédits Graham Johnson
En retour, cette organisation neuronale qui se met en place chez l’enfant va enrichir de façon considérable ses possibilités d’acquisitions et de savoir-faire. C’est en modifiant les connexions synaptiques que la mémoire, les habitudes sont créées et que la personnalité toute entière se construit. Cela s'effectue en renforçant certains circuits d’activité du cerveau, et en en faisant disparaitre d’autres.
Toutefois les neurones ne sont pas les seules cellules présentes dans le cerveau. Ils sont largement surclassés en nombre, de près d’un facteur dix, par d’autres types cellulaires : les cellules gliales, dont les fonctions sont extrêmement variées (note : on a cru pendant longtemps que ces cellules ne servaient que de support aux neurones).
Les neurones communiquent dans le cerveau par l’intermédiaire d’une grande variété de molécules chimiques qui agissent comme neurotransmetteur ou neuromodulateur (glutamate, dopamine, acétylcholine, sérotonine, noradrénaline et endorphines).
Au niveau de la synapse ces molécules sont capables de délivrer un message spécifique après relargage dans la fente synaptique et recapture par une molécule réceptrice ancrée dans la membrane de la cellule voisine.
On sait depuis de nombreuses années que ces molécules ont une importance telle que leur absence entraine le développement de nombreuses maladies. Par exemple, la maladie de Parkinson est provoquée par l’absence de dopamine au niveau des ganglions de la base responsables du contrôle des mouvements. De la même manière, une déficience en sérotonine, qui est utilisée dans des régions du cerveau impliquée dans l’émotion, peut être reliée avec l'apparition de la dépression ou encore certaines maladies de l’humeur chez l'individu.
Par ailleurs, lorsque le neuromédiateur est produit normalement et arrive sur son récepteur au niveau de la cellule cible, la transduction du signal implique le recrutement d’une multitude de protéines intracellulaires. Afin de pouvoir transférer et interpréter correctement les signaux, les activités de ces protéines doivent être parfaitement synchronisées. Cette régulation est contrôlée par un système très sophistiqué, impliquant notamment un certain nombre d’enzymes comme les protéines kinases.
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