Ces dernières années le grand public attentif avait pu découvrir les cellules souches humaines et en apprendre quantité de choses. Les cellules
souches peuvent être embryonnaires, fœtales ou adultes.
Les cellules souches embryonnaires sont déclarées pluripotentes et sont à l’origine des quelques
centaines de types cellulaires présents chez l’homme, à l’origine de tous les tissus. Leur prélèvement, à des fins d’étude ou de recherche soulève quelques problèmes d’éthique, puisqu’il entraîne
la destruction de l’embryon.
Les cellules souches fœtales sont multipotentes.
Les cellules souches adultes sont des cellules indifférenciées qui se trouvent dans la plupart
des tissus au milieu de cellules différenciées. Divers mécanismes cellulaires naturels peuvent contraindre ces cellules souches adultes à se différencier afin, par exemple, de renouveler le
tissu.
Les possibilités thérapeutiques offertes par la compréhension et la maîtrise des phénomènes sous-tendant cette différenciation cellulaire sont tellement considérables qu’elles expliquent
l’engouement des équipes de recherche, fort nombreuses à travers le monde, qui s’intéressent aux cellules souches.
Les budgets sont à proportion de cet engouement qui est parvenu à convaincre citoyens et politiques de la grandeur de la cause. Il
reste cependant le besoin d’une réflexion éthique de fond. Réflexion éthique qui déchaîne la polémique suivant les aléas de la médiatisation d’une annonce isolée. Pourtant cette réflexion éthique
est nécessaire, indispensable. Entreprise en amont de l’actualité immédiate elle peut dédramatiser ou encore fixer un cadre à ce que l’humanité est en droit d’attendre lorsqu’il s’agit de son
essence même et de son avenir.
Tout récemment (octobre et novembre 2007), deux équipes, celle de Shinya YAMANAKA (Université de Kyoto, Japon) et celle de James A. THOMSON
(Université du Wisconsin, Madison) ont montré, dans deux études séparées, qu’il était possible de reprogrammer des cellules somatiques humaines en cellules souches pluripotentes de type
embryonnaire.
Certaines perspectives offertes par cette approche apparaissent dans l’article de J.A. THOMSON, revue SCIENCE en ligne du 20 novembre 2007 : « Such human induced pluripotent cell lines
should be useful in the production of new disease models and in drug development as well as application in transplantation medicine once technical limitations (for example, mutation through viral
integration) are eliminated. ».
Disons, pour faire bref, qu’il reste quelques détails techniques à régler, mais que nous sommes bien proches de maîtriser le passage de quelques cellules prélevées sur notre corps à des cellules
souches de type embryonnaire dont on pourra ensuite programmer le destin.
De ces avancées spectaculaires, nous pourrions ouvrir quelques pistes de réflexion :
- l’humanité est-elle appelée à beaucoup de transformations morphologiques ou physiologiques dans un proche avenir, une sorte
« d’évolution accélérée » ?
- Allons-nous vers une semi immortalité, avec allongement de notre durée de vie par remplacement/renouvellement de tel ou tel organe, de tel ou tel membre défaillant ?
Nous voyons bien que la réflexion éthique ne saurait se limiter à ce qui ne concerne que la stricte manipulation de
l’embryon humain.
La technologie nous permet, ou permettra bientôt, de contourner cette étape. Le champ ouvert au débat de bioéthique est en train de s'étendre, et nous voilà invités à ne pas reculer trop longtemps la réflexion nécessaire sur la manipulation et l'utilisation des différents types de cellules souches.
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